Turandot

Gaicomo Puccini

C’est la représentation théâtrale d’une pièce du dramaturge italien Carlo Gozzi (1720-1806) qui attire l’attention de Puccini sur la terrifiante et captivante légende de la cruelle princesse « Turandotte ». Cette troublante histoire avait déjà inspiré plusieurs ouvrages dont le plus important est l’opéra de Ferrucio Busoni (1917). Fasciné à son tour par le romantisme barbare d’une fable vouée aux mystères de l’amour et de la mort, Puccini se met au travail  dès 1920. Il veut mener à bien son projet malgré d’épuisantes périodes de doute sur ses propres capacités créatrices. Il surveille de très près le travail de ses librettistes auxquels il demande de trouver « quelque chose qui fasse pleurer le monde ». C’est ainsi que va naître le bouleversant personnage de Liù, archétype de ce qu’on appelle la « petite femme puccinienne ». Liù, la jeune esclave qui incarne l’amour jusqu’au sacrifice suprême, condense toutes les caractéristiques de ces touchantes héroïnes dont la fragilité et la candeur signent la perte inéluctable.  Elle est la dernière « sœur » de la Mimi de La Bohème et de la délicate et trop confiante Madame Butterfly. Elle forme un contraste saisissant avec la froide et inflexible Turandot, murée dans sa frigidité névrotique. Ironie du sort, la  poignante mort de Liù, qui est une des premières pages achevées par Puccini, sera aussi la dernière.
A la création, parvenu à ce sommet de la partition que constitue le suicide de la petite esclave, Toscanini s’arrêta et déclara au public : « C’est ici que Giacomo Puccini interrompit son travail. La mort, cette fois, fut plus forte que l’art ». On retrouva sur le lit de mort du compositeur quelques esquisses du duo final dont il souhaitait faire l’égal de celui du deuxième acte du chef-d’œuvre de Wagner, Tristan et Isolde (1865). Le jeune Franco Alfano fut choisi pour écrire la fin la plus conforme possible aux dernières indications de Puccini. Turandot apparaît comme un ouvrage testamentaire réunissant en une sorte d’apothéose toutes les composantes du génie puccinien. Le pathétique de la passion que viennent contrebalancer des parenthèses comiques,  l’intensité d’un drame intimiste teinté du charme mystérieux de l’Orient, l’atmosphère envoûtante des légendes fantastiques, sont autant d’éléments clefs de ce monument de l’art lyrique. Puccini porte au plus haut les possibilités expressives de la mélodie. Son ambition était de « faire, contre tous et tout, un opéra de mélodie ». Il y parvient pleinement. Qui n’a jamais entendu le célèbre « Nessum Dorma » qui fait figure de symbole des airs d’opéra ? Turandot, ouvrage à grand spectacle exige une foule de personnages capable de faire entendre cette puissance chorale exceptionnelle. Il y faut aussi de grandes voix et un orchestre somptueux à la mesure des fastes du Pékin millénaire où s’exerce le pouvoir despotique de la Princesse Cruelle.

Catherine Duault

Conférences sur cette œuvre

– Théâtre de l'Espérance

La quatrième énigme de TURANDOT

Conférence
Conférencier.ère: Sandro Cometta

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